Le jour où Thomas fit trembler Teddy…

Lieu : Stade Henri Barbusse
93390 Clichy sous Bois
Date : 30 mai 2008
Sprint 60 m : résultat inconnu
Course aux points : 1er au sprint intermédiaire, 2e à l’arrivée
Start Sprint : 2e
Place au général : 3e
Danoise (course par « élimination » à l’avant) : 2e
Relais par équipes : sur la touche -- USM Gagny 2e
Prix d’Equipe : USM Gagny 2e
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Un programme dense et motivant…
Comme l’épreuve que nous courrons la semaine prochaine à Aulnay, l’intérêt de la compétition disputée samedi à Clichy résidait dans la grande variété des courses auxquelles les jeunes cyclistes peuvaient participer. Qu’on en juge !

Le meeting s’ouvrit sur une épreuve de sprint sur 60 mètres -- départ arrêté -, à laquelle participèrent benjamins, pupilles, poussins et pré licenciés. Après avoir disputé les deux essais auxquels ils avaient droit, les coureurs purent ensuite se mesurer sur des épreuves plus « massives » et formatées « route ».
Ainsi, tandis que les Benjamins enchaînaient par une « course aux points » sur 12 tours (4,8 km) avec une attribution de points à mi-course et à l’arrivée, les Pupilles devaient quant à eux, disputer un « sprint aux points » sur 8 tours (3,2 km) dans lequel le 1er de chaque tour se voyait octroyer un point tandis qu’à l’arrivée, le trio de tête engrangeait 3, 2 et 1 points… Pour les Poussins (4 1/2 tours -- 1,8 km) et les pré licenciés (1 1/2 tour -- 0,6 km), l’épreuve était simplifiée puisque, ne comportant pas d’attribution de points, le classement ne se faisait qu’à l’arrivée.
Sur un nombre de tours indéfini au départ, les Benjamins disputèrent ensuite un « Start Sprint« , une épreuve dans laquelle il convient d’être perpétuellement bien placé dans la mesure où la cloche annonçant le dernier tour peut retentir à tout moment. Pour les Pupilles c’est une épreuve par « Elimination » dont le principe fut retenu. Les deux derniers de chaque tour « sautèrent » à chacune des cinq premières révolutions, puis le dernier de cycles suivants…
« Hors compétition », les Benjamins eurent ensuite le privilège de disputer une « Danoise« , une « course par élimination à l’avant » dans laquelle le premier de chaque tour doit s’arrêter, le nombre de tours accomplis correspondant donc exactement au classement de l’épreuve…
Pour finir, les enfants disputèrent la très sympathique épreuve de « vitesse par équipes« , dans laquelle un trio comportant -- dans l’ordre exact où ils devaient accomplir leurs relais -- un poussin (1/2 tour), un pupille (1/2 tour) et un benjamin (1 tour).
CONTRE LA MONTRE ou CONTRE SOI ?

Le sprint départ arrêté est une épreuve compliquée. A Clichy, les enfants ne couraient que sur 60 mètres et sur une piste parfaitement plate et au revêtement impeccable, mais pour être vraiment performants, ils devaient résoudre une foule d’équations comprenant des variables aussi inquiétantes que la vélocité, la puissance, le choix du braquet de départ, la possibilité de changer de pignon en cours de course…

En quête d’informations efficaces, les parents discutaient entre eux, les enfants observaient les choix retenus par les copains… Indécis, ils soulevaient parfois leurs roues arrières pour faire monter ou descendre la chaîne le long de la cassette… avant de procéder au choix inverse dans les trois minutes suivantes…

Alignés les uns derrières les autres, ils attendaient leur tour de courir, de fuser, de jaillir, de foncer et de tout donner… Ils devaient être tendus comme des ressorts, mais concentrés sur l’effort à venir, ils semblaient cependant d’un calme olympien (à défaut d’être olympique). Enfermés dans la bulle protectrice qui les protégeait des perturbations inopportunes, des conseils inadéquats et de minutes qui devenues paresseuses, semblaient maintenant traîner des pieds, ils suivaient le protocole de départ d’un air absent qui les rendait touchants…

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Ils veulent gagner du pignon !
La file était longue et semblait immobile, mais catégorie par catégorie, et un compétiteur après l’autre, les départs s’enchaînaient à un rythme rapide. Ce fut d’abord Théo qui s’élança. A la fois souple et vivace, c’est avec efficacité qu’il entraîna le braquet qu’il avait choisi -- grand plateau et quasi grand pignon. Au terme de sa course d’élan, il joua du dérailleur pour terminer très honorablement son sprint. Peu de temps après, ce fut au tour de Thomas d’entrer en lice. S’il fit le même choix de braquet que son ami, il oublia en revanche de moduler sa puissance en mettant plus gros et c’est donc en moulinant comme une fillette, mais sans avancer beaucoup, que le blondinet termina ce premier essai. Après lui, Teddy offrit un tout autre spectacle à ses admirateurs. Son gabarit et sa puissance donnaient une fausse impression de lourdeur que le chronomètre ne tarda pas à démentir.

Occupé à analyser sa course avec Thomas, je ne fis pas attention au « run » de Fabien, mais quand les pupilles en eurent terminé avec leur première tentative, je pus voir Yannick s’élancer. Puissant mais trop peu véloce, le poussin se battit pourtant jusqu’au bout avec conviction. Sans doute gagnerait-il à mettre un pignon moins ambitieux (pour atteindre plus rapidement une vitesse intéressante) et à mieux maîtriser sa trajectoire (afin qu’elle devienne la plus rectiligne possible). Rappelons cependant que Yannick est un cycliste de fraîche date et un compétiteur néophyte (mais en progrès constant) qui manque sans doute de technique mais certainement pas de caractère. Or la technique, on l’apprend…

La seconde tentative des p’tits gars de l’USMG ressembla assez à la première. Ah si, tout de même, Thomas se rappela -- enfin -- qu’il assez de pignons à l’arrière pour transmettre la vigueur de son coup de pédale agressif à sa roue arrière. Parti lentement, Thomas termina très puissamment… ce qui ne fut cependant pas assez pour battre Théo (bien rythmé) ou Teddy qui, lors de ses départs, se jette littéralement en avant, par-dessus son guidon, pour peser de tout son poids sur sa pédale relevée…
Album: SPRINTERSLes poussins, pupilles et benjamins de l'USM Gagny se préparent à disputer un sprint "contre la montre" de 60 mètres… Concentrés et volontaires, les enfants veulent faire une perf.
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COURSE AUX POINTS (benjamins)
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Tous derrière, tous derrière… et lui devant !
Réunis pour courir ensemble une course aux points de 4,8 km, benjamins 1 & 2 étaient alignés sur la ligne de départ. En dépit des conseils que leur prodiguent régulièrement les entraîneurs, ces jeunes agneaux de Panurge étaient réunis par couleur de maillot. Et tant pis pour les risques de perturbation localisée ou de chute collective ! Même décimées, les équipes resteraient solidaires ! C’est un point de vue qui peut se défendre… tout au moins en Ecole !

Ce jour-là , il n’y eut heureusement pas de chute, mais Teddy qui avait judicieusement choisi de se placer aux abords de la corde gicla hors du paquet dès que le signal du départ eut retenti. Si pour s’éloigner des risques liées à la promiscuité Teddy fit l’effort de se dégager de la meute, le grand costaud ne fit cependant pas celui de partir comme un forcené. Placé devant ses pairs, il aurait été en perpétuel point de mire et, aussi fort soit-il, en perpétuel danger. Sagement, le matois Clichois adopta un rythme soutenu mais pas vraiment violent qui permit à Théo de revenir sur lui et de prendre la course à son compte. Et tandis que Théo menait déjà grand train, Thomas se dégageait à peine du ventre mou du peloton.
Le tiercé dans l’ordre ?
Au tour suivant, il n’était encore qu’en sixième ou septième position. Mais après quelques relances très efficaces, au passage suivant, Thomas était enfin collé, mais alors comme une sangsue, à la roue de Teddy qui, lui-même, était confortablement installé dans le sillage de son coureur préféré. Ils étaient trois devant et derrière, il y avait tous les autres. Au milieu, il y avait un trou énorme, un gouffre vertigineux que le peloton définitivement maté ne faisait même pas mine de vouloir combler. Psychologiquement subjugué, le peloton avait bien intégré que ce qui se passait devant constituait une autre course… Le tiercé gagnant en quelque sorte ! Mais dans quel ordre ?
Qu’est-ce qui cloche ?
C’est à la cloche que tout se déclencha -- du moins il me semble car, fasciné par l’intensité de la course, je ne pris pas les photos qui, habituellement, me servent à étayer mes impression ou à contrarier les jeux de dupe que me sert parfois ma mémoire. Quand résonna la cloche annonçant l’approche de la mi course, se fut la ruée. Tandis que le peloton s’animait, le trio explosait. Jaillissant de son abri, Thomas fit un écart de côté et un formidable bond en avant. Teddy qui préparait le même coup retors fut tout de même surpris qu’on put s’en prendre ainsi à sa suprématie. Dépité, Théo ne pouvait plus que regarder filer les deux goujats qui s’esquivaient déjà comme des voleurs, emportant avec eux le fruit de ses efforts si généreux. Nerveux d’être menacé avec tant d’âpreté, Teddy mettait toutes ses forces dans cette lutte qui l’opposait au grand timide blond qu’il côtoyait désormais sur chaque podium depuis que la saison, délaissant les chemins boueux et les prés détrempés, s’était résolument engagée sur des routes plus propices à l’expression d’un talent jusqu’alors bridé. Menacé, le benjamin de la saison se sentait menacé. Mais il ne se relevait pas ! Aucun des deux champions ne voulant le céder à l’autre, c’est en danseuse que les deux costauds abordèrent le dernier virage avant l’attribution des points. Quelle lutte ! et quelle image ! Quelle puissance ! et que de forces engagées ! Pleins de tempérament, aucun des deux ne voulait céder. Et c’est encore en danseuse, au sprint, que les deux concurrents franchirent la ligne… médiane. Et c’est Thomas qui la franchit devant ! Wouaw ! Sous son casque, il devait en être tout ébouriffé !
Malheur aux myopes !
Enragé, Théo ne tarda pas à franchir lui aussi la ligne et sur son visage, on pouvait lire la volonté farouche de rattraper cette année maudite, ces quelques mètres qui le séparaient des deux Benjamins 2. La course n’était pas finie, en effet. Et, homérique, elle se poursuivit au même rythme, épique, jusqu’à l’abord du dernier virage et de l’ultime sprint dans lequel la victoire tiendrait à presque rien. Thomas ? Teddy ? lequel des deux l’emporterait ? A la sortie du virage, Thomas sortit plus à l’intérieur en très léger retrait par rapport à son adversaire. Positionné de la sorte, il pouvait gagner, il devait gagner. Ce ne serait pas facile, mais la victoire était là , toute proche… Mais emporté par sa fougue et tout à son combat, plutôt que de viser la ligne, Thomas suivit la trajectoire empruntée par Teddy lequel -- hasard ou calcul ? -, l’emmena sur un attardé. Thomas qui n’avait pas anticipé le problème dut faire un crochet pour éviter le lambin. Cet écart de conduite ne lui coûta que quelques centimètres, mais il s’agissait de ceux qui font la différence entre un vainqueur et son valeureux second. Au vélo, il faut payer pour apprendre.
Album: ROULEURSDans cette course aux points, les benjamins avaient 12 tours à accomplir. Des points étaient attribués à mi-course et à l'arrivée.
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SPRINTS AUX POINTS (pupilles)
& COURSE INDIVIDUELLE (poussins)

Chez les pupilles, Fabien disputa bravement et très honorablement sa seconde manche, une épreuve de « Sprints aux points » dans laquelle chaque passage sur la ligne était le prétexte de nouvelles escarmouches. Un peu en retrait, jamais assez proche de ses prédécesseurs pour pouvoir se protéger, Fabien fit ce qu’il put du mieux qu’il le put… compte tenu, aussi, que durant la course, son dérailleur lui joua des tours pendables.

Chez les poussins, qui ont vite appris à le voir aux avant-postes, le valeureux Yannick a lui aussi très bien couru. Il me semble pourtant que s’il tirait un peu moins gros, notamment au départ, et donc s’il jouait plus habilement du dérailleur, s’il apprenait par ailleurs à rouler un peu plus en tenant compte de l’aide (point de mire, abri, sursauts d’orgueil…) que peuvent lui apporter les autres coureurs, Yannick pourrait encore se rapprocher de ces premières places auxquelles il aspire. Mais en tenant compte de son manque de pratique cycliste et de sa saison de compétition tronquée aux deux tiers, Yannick nous laisse évidemment espérer des lendemains qui chantent…
Album: SPRINTS AUX POINTS & INDIVIDUELLE
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START SPRINT (Benjamins)


Dans le « start sprint », les 3T (Théo, Teddy et Thomas) décidèrent d’emblée, d’imposer leur suprématie… Enfin, c’est Théo qui le décida. Les deux autres ne firent qu’entériner son initiative. Les trois Terribles se retrouvèrent donc devant, largement détachés, à d’écÅ“urantes encablures du reste de la flotte. Renouvelant sa stratégie pleine de panache, de gloire et de dangers, l’amiral Théo remorqua une nouvelle fois les deux paresseux qui lui filaient le train. Comme précédemment, mais visiblement nerveux, le « Rouge & Or » du VCCB se retrouva encadré par les deux « Or et Azur » de l’USM Gagny. On avait rarement vu Teddy en si inconfortable position…
Un peu avant que retentisse la cloche, Thomas tenta de surprendre ses deux partenaires d’échappée, mais son tintement excitant propulsa Teddy en avant. L’effet de surprise fit donc long feu. Bien décidés à avoir une nouvelle explication, d’homme à homme, les Benjamins 2 faussèrent compagnie à Théo qui désormais ni pouvait mais. Impressionnants et forcenés, les deux costauds se donnèrent la réplique jusque sur la ligne d’arrivée où Teddy l’emporta… mais sans forfanterie. C’est-à -dire de justesse.


Album: START SPRINTThéo a assuré un train d'enfer. Thomas et Teddy ont assuré le spectacle…
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ELIMINATION PAR L’ARRIERE (Pupilles)
Album: COURSE PAR ELIMINATIONLes premiers à partir son évidemment les derniers…
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DANOISE ou
ELIMINATION PAR L’AVANT (Benjamins)
Si dans une « élimination » classique les meilleurs peuvent se ménager tandis que « tombent » leurs concurrents moins performants, dans une Danoise, c’est tout l’inverse qui se produit. Les meilleurs doivent d’emblée donner… le meilleur d’eux-mêmes. C’est ainsi que Teddy et Thomas, une nouvelle fois à la lutte, disputèrent un magnifique et long sprint de 400 m que Teddy ne remporta que d’un iota. Mais tandis que le vainqueur enfin soulagé de ses craintes pouvait se reposer de ses efforts, ceux qu’habituellement on réserve à la toute fin de course, Thomas se retrouva seul devant tout le monde. Un peu inquiet de se retrouver dans cette situation qu’il n’a connu qu’une fois (sur cette même piste, il y a de cela tout juste un an), le coursier ne tarda pas à se rassurer en voyant qu’il tenait décidément « la grande forme ». Si Teddy avait pu lui souffler la victoire, les autres n’avaient en revanche aucune chance de revenir sur le coursier libéré de la modestie qui bridait ses capacités. Thomas fut donc second, et Théo troisième…
VITESSE PAR EQUIPE




Album: RELAIS PAR EQUIPESQuand les Dalton font du vélo… Fraternité et solidarité.
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PODIUMS

Bien que privée d’Aurélien et de Marie-Louise que chacun sait excellents, l’école de l’USM Gagny s’est magnifiquement comportée à Clichy où, avec seulement quatre coureurs inscrits, elle a raflé une impressionnante quantité de médailles !



Album: SUR LES CAISSESPodiums, coupes, médailles et fleurs…
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OFF COURSES

Hommage aux absents !
Hommage à ce « bras cassé » d’Aurélien qui, après avoir durement chuté aux « Régionaux » s’est finalement cassé radius et cubitus lors de son entraînement mercredi… ce qui ne lui « scie » ni les ailes ni le moral puisqu’il a encore assez de jus pour venir voir courir les copains, faire le fou avec eux et jouer au foot sur l’herbe humide… Un champion cet Aurélien !
Hommage à Marie-Louise, excellente jusqu’aux Championnats régionaux où son genou lésé qui l’avait de nombreuses fois rappelé à l’ordre l’a finalement contrainte à abandonner. Courage Marie ! Nous t’attendons très bientôt sur les circuits et les podiums !
Le rêve est constitutif de la motivation


Un beau vélo, un maillot de pro, l’envie de grimper sur la plus haute marche, la griserie de la compétition, le regard admiratif d’une fillette au bas d’un podium, une médaille plaquée d’espoir, le plaisir de « lâcher les mains » et d’avoir la piste pour soi tout seul… qui peut dire lequel de ces arguments donnera à Yannick -- et à d’autres ! -- le courage de s’entraîner autant qu’il le faut, de s’astreindre à une discipline de vie, de se plier à un emploi du temps contraignant, de mettre tellement d’argent dans ce qui n’est après tout qu’un aimable passe-temps ?

Eric Valadier
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